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DANS L'ORNE LA MONTAGNE QUI ACCOUCHE D’UNE SOURIS…

29 Novembre 2021

                       

Cette expression date du XVIIe siècle, elle fut rendue célèbre par une fable de Jean de la Fontaine. Cette métaphore compare la taille d'une montagne à un projet ambitieux dont on attend beaucoup et pour lequel on obtient une souris, c'est-à-dire quelque chose d'insignifiant.

Pour être clair… Obtenir des résultats médiocres pour un projet ambitieux

Devant le tollé général que l’article publié dans le journal du 17 novembre  de « Orne hebdo » a suscité de la part de nos adhérents mais aussi des associations de sauvegarde des rivières et moulins voisines de notre département, nous avons décidé de répondre à ce « tissu de propos incohérents » car, une nouvelle fois, nous constatons les aberrations diffusées par les syndicats de rivières et leurs techniciens. Certes, tous ces organismes ne sont pas à mettre dans le même panier et le bon sens est de mise chez certains mais les propos absurdes sont ancrés chez d’autres, idées qu’ils tentent d’ailleurs de faire passer, la bouche en cœur…auprès des riverains de nos cours d’eau.

Cet article est consultable sur :

https://actu.fr/societe/orne-sur-la-sarthe-on-ouvre-les-vannes-pour-remettre-la-riviere-a-sa-vraie-place_46482339.html

« On doit ouvrir les vannes à fond dans l’Orne, par contre, dans la Sarthe on demande de ne pas ouvrir nos vannes ». Et plouf…

Le Syndicat du bassin de la Haute Sarthe a encore raté un épisode…

Dans cet article,  le technicien nous vante les bienfaits des ouvertures de vannes de moulins, alors que  nous prenons connaissance, dans le même temps,  de tout son contraire par un document officiel de l’Animateur de la Commission Locale de l’Eau (CLE)

« SAGE du bassin versant de la Sarthe Amont qui déclarait le 19 novembre 2021  La date butoir du 15 novembre étant dépassée, l’ensemble des 4 secteurs séparant l’axe Sarthe sur le bassin de la Sarthe amont pourrait bénéficier de l’ouverture hivernale des vannages.Néanmoins, comme vous le savez, il est nécessaire pour lancer cette démarche que le débit hebdomadaire de la Sarthe à St Céneri le Gerei dépasse les 5 000 l/s.

« A l’heure d’aujourd’hui, le débit hebdomadaire est 2 200 l/s, soit bien deçà du seuil, ce qui ne permet pas d’entrer actuellement dans la gestion coordonnée hivernale »

 

La flûte enchantée…

Une véritable « explosion de biodiversité …»

Ce que nous en déduisons, c’est qu’à croire que les techniciens de rivière du syndicat de bassin de la haute Sarthe sont des magiciens puisque qu’en à peine deux ans ils ont fait revenir des espèces de la flore disparues depuis déjà très longtemps sur les berges de la Sarthe.

Question, en avait-on fait l’inventaire avant 2018 cad avant les travaux ? A notre connaissance NON ! Aujourd’hui, ce sont carrément 200 espèces qui sont de retour alors qu’avant les modifications du moulin il n’en restait que …15 … 200 espèces dont, tenez-vous bien, 5 sont sur la liste rouge des espèces à protéger, « MIRACLE » encore une fois avait- on fait l’inventaire avant les travaux ?

Lorsque l’on voit comment les remises « en fond de vallée » se passent et les dégâts sur la biodiversité installée depuis des siècles…

Lire pour mémoire ;  http://lesamisdesmoulins61.over-blog.com/2021/09/la-riviere-en-fond-de-vallee-fait-perdre-l-usage-et-la-valeur-des-pres.html

On a beaucoup de peine à croire cela ; en effet, on détruit la biodiversité installée depuis des siècles au bord des biefs des moulins, voire sur des zones classées « Natura 2000 » pour créer une « zone « explosion de biodiversité »…  en fond de vallée ; laquelle ne pourra, logiquement, que mettre des dizaines d’années avant de s’installer.  

L'abaissement des lignes d'eau, objectif constant de la "renaturation dogmatique" a un effet catastrophique sur les zones humides, véritables foyers de la biodiversité des rivières, en les asséchant littéralement et définitivement, nous les détruisons, alors de qui se moque-t’on ?

 Le technicien de rivière du syndicat de bassin de la haute Sarthe nous dit que cette action répond à l’objectif fixé par l’union Européenne !!!  Cette allégation est totalement mensongère ! En effet, aucune destruction d’ouvrages de moulins n’est demandée par l’Union Européenne et la législation française dit même le contraire !

 On nous dit encore, dans cet article, que les poissons se reproduisent davantage, question, en a-t-on la preuve ?

Avons-nous une étude qui confirme cet état de fait ? Nous savons, chose qui est cette fois confirmée par la science, que ce sont les pesticides, les produits endocriniens et métaux lourds qui polluent nos rivières et perturbent les fraies de poissons. D'ailleurs les insectes, espèces sinistrées, ont disparu,  entraînant la disparition des poissons qui abondaient  dans  nos rivières il y a seulement 25 ans. Et ce n'est pas la remontée des saumons, si chère aux écolos dogmatiques qui vont nettoyer les rivières, le saumon aventureux déjà affamé, comme ses consœurs les truites de nos rivières, ne résisteront pas à la pollution !

La "renaturation" est un dogme aberrant!

C'est comme d'affirmer que la Terre est plate! Ce n'est pas en le répétant mille fois et en ignorant les faits et évidences que cela va devenir réalité.  Nous n’avons pas compris encore comment l’effacement des ouvrages peut éviter, même en partie, les inondations puisque c’est bien connu que les ouvrages hydrauliques ont pour action de casser la force et le volume des montées d’eau. C’est donc tout le contraire qui se produit et, encore une fois, toutes les études le prouvent ! Les faits démontrent les dégâts causés par nos « apprentis sorciers » !

Lire l’article du journal Orne hebdo du 17 novembre 2021

https://actu.fr/normandie/alencon_61001/riviere-sarthe-dans-l-orne-l-eleveuse-de-chevaux-s-estime-privee-d-un-outil-de-travail_46486564.html

Nous lisons, toujours dans le même article : Une rivière, cela déborde naturellement, les crues sont inévitables et même souhaitables… devons-nous comprendre que les techniciens de rivières souhaitent rétablir les inondations d’« origine » avec les dégâts qui en résultent !

Alors, toujours d’après le technicien de rivière du syndicat de bassin, le conflit qui oppose les propriétaires de moulins et les syndicats de rivières ne serait que « méconnaissance et incompréhension »…

OUI ! Nous sommes sur ce point totalement d’accord avec eux  c’est une véritable méconnaissance et aussi un certain dogmatisme qui les conduit à ces conclusions. Peut-être que le syndicat de rivière et ses techniciens devraient suivre d’un peu plus près les informations que nous publions sur notre site spécialisé.                            (Voir sur http://www.hydrauxois.org/ ) et sur les courriers de nos Fédérations FFAM/FDMF/ARF. Nous nous engageons à faire parvenir, dans les jours qui viennent, le prochain courrier d’informations de la FFAM (Fédération française de sauvegarde des moulins) au syndicat de bassin de la haute Sarthe.

 Enfin, on parle dans cet article de zones humides.

Nous sommes surpris que ce sujet soit abordé car voilà des années que nous mettons en avant les centaines de zones humides que représentent, dans notre département, les berges de nos biefs et que nous avons à cœur de protéger bénévolement !

L’entretien des dites berges ainsi que des zones de protection de la faune et de la Flore ne coûtent pas un sous d’argent public car ce travail est fait, par les propriétaires avec passion et gratuitement ! Alors, combien a coûté cette remise « à sa vraie place de la rivière » en comptant l’achat foncier du moulin par le syndicat de bassin de la haute Sarthe plus les travaux d’engineering et tout cela pour déplacer une biodiversité installée depuis des siècles sur les berges de la Sarthe et, surtout, suivre le bon vouloir des techniciens de rivières sans qu’aucune étude préliminaire ne fasse ressortir le comparatif coût – résultat escompté… , il est donc avéré que l’on suit aveuglément les déclarations du syndicat de rivières sans entendre les contradicteurs.

Il s’agit pourtant de l’argent public !

L’eau n’appartient à personne,  c’est un bien commun et nul ne devrait avoir le pouvoir d’en prendre possession sans en débattre auparavant avec les principaux acteurs de l’eau que nous sommes ! Ces actions sont l’expression de la dictature d'une minorité sur les rivières Françaises.

             ADM 61- courriel:  adm.61@orange.fr.

               Nous terminerons cet article par cette

                    Fable, de Jean de La Fontaine, 

       LA MONTAGNE QUI ACCOUCHE

        Une Montagne en mal d'enfant
        Jetait une clameur si haute,
        Que chacun, au bruit accourant,
        Crut qu'elle accoucherait, sans faute,
        D'une cité plus grosse que Paris ;
         Elle accoucha d'une souris.
            Quand je songe à cette fable,
            Dont le récit est menteur
            Et le sens est véritable,
            Je me figure un auteur
        Qui dit : Je chanterai la guerre
Que firent les Titans  au Maître du tonnerre.»
C'est promettre beaucoup : mais qu'en sort’ il souvent ?
                            Du vent…


                   La montagne qui accouche,  Livre V, fable 10

DANS L'ORNE LA MONTAGNE QUI ACCOUCHE D’UNE SOURIS…
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Le titre qui permet d’exploiter un moulin sans autorisation est perdu si ses éléments essentiels sont devenus inutilisables

12 Novembre 2021

Nous ne dirons jamais assez que les ouvrages de nos moulins doivent être entretenus. Même s' ils ne sont pas complets  ils ne doivent pas être en ruine, ruine qui vous obligerait à demander une autorisation à l’administration pour les remettre en état. Nous nous permettons de rappeler ici la définition du mot « ruine »… "Débris d'un édifice ancien ou écroulé." Ceci afin que personne ne se méprenne…"

Par un arrêté du 26 décembre 2017, la préfète du Cher a mis en demeure un propriétaire de régulariser sa situation administrative pour la réalisation, entre 2002 et 2005, puis en 2016, de travaux sur la rivière de la Marmande et la création d'un plan d'eau au lieu-dit " Les Forges ", implanté à Charenton-du-Cher, en déposant soit un dossier de demande d'autorisation au titre de la législation sur la police de l'eau, soit un dossier présentant le projet de remise en état du site. Le propriétaire conteste cette décision. 
 
Il existait un droit de prise d’eau
 
Saisie du recours, la cour administrative rappelle que les travaux entrepris par le propriétaire nécessitaient une autorisation du préfet : " Sont soumis aux dispositions des articles L. 214-2 à L. 214-6 les installations, les ouvrages, travaux et activités réalisés à des fins non domestiques par toute personne physique ou morale, publique ou privée, et entraînant des prélèvements sur les eaux superficielles ou souterraines, restitués ou non, une modification du niveau ou du mode d'écoulement des eaux, la destruction de frayères, de zones de croissance ou d'alimentation de la faune piscicole ou des déversements, écoulements, rejets ou dépôts directs ou indirects, chroniques ou épisodiques, même non polluants. " (art. L. 214-1 du code de l’environnement).
Mais, le propriétaire peut échapper à cette obligation s’il peut s’appuyer sur un droit fondé en titre. Cette exception résulte de l’article L. 214-6-II : " Les installations, ouvrages et activités déclarés ou autorisés en application d'une législation ou réglementation relative à l'eau antérieure au 4 janvier 1992 sont réputés déclarés ou autorisés en application des dispositions de la présente section. Il en est de même des installations et ouvrages fondés en titre ". 
 
Un droit de prise d’eau fondé en titre doit reposer sur un droit existant avant l’abolition des droits féodaux
 
Sont regardées comme fondées en titre ou ayant une existence légale les prises d'eau sur des cours d'eaux non domaniaux qui, soit ont fait l'objet d'une aliénation comme bien national, soit sont établies en vertu d'un acte antérieur à l'abolition des droits féodaux. Une prise d'eau est présumée établie en vertu d'un acte antérieur à l'abolition des droits féodaux dès lors qu'est prouvée son existence matérielle avant cette date. La preuve de cette existence matérielle peut être apportée par tout moyen, notamment par sa localisation sur la carte de Cassini datant du XVIIIème siècle.
 La cour administrative constate que la " grosse forge de Charenton ", dont l'existence est attestée pour la première fois en 1635, comprenait avant 1789 une forge et une fenderie alimentées par une retenue d'eau sur la Marmande, qui figurent sur la carte de Cassini. Dès lors, la prise d'eau attachée à la forge de Charenton-du-Cher existait matériellement sur le cours d'eau non domanial de la Marmande avant l'abolition des droits féodaux.
 
Mais le droit disparaît si la force motrice du cours d'eau n'est plus susceptible d'être utilisée du fait de la ruine ou du changement d'affectation des ouvrages essentiels
 
Le droit d'eau fondé en titre ne se perd pas par l'absence d'exercice du droit d'usage. Sa disparition ne peut résulter que de la constatation que la force motrice du cours d'eau n'est plus susceptible d'être utilisée du fait de la ruine ou du changement d'affectation des ouvrages essentiels destinés à utiliser la pente et le volume du cours d'eau. En revanche, ni la circonstance que ces ouvrages n'aient pas été utilisés en tant que tels au cours d'une longue période de temps, ni le délabrement du bâtiment auquel le droit d'eau fondé en titre est attaché, ne sont de nature, à eux seuls, à remettre en cause la pérennité de ce droit. L'état de ruine, qui conduit en revanche à la perte du droit, est établi lorsque les éléments essentiels de l'ouvrage permettant l'utilisation de la force motrice du cours d'eau ont disparu ou qu'il n'en reste que de simples vestiges, de sorte qu'elle ne peut plus être utilisée sans leur reconstruction complète.
 
Nous ne dirons jamais assez que les ouvrages de nos moulins se doivent d'être entretenus... 
Le titre qui permet d’exploiter un moulin sans autorisation est perdu si ses éléments essentiels sont devenus inutilisables
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Destruction d'ouvrages hydrauliques désormais illégale : signalez-nous les projets litigieux

19 Octobre 2021

Nous avons mis en place avec la CNERH un formulaire en ligne de signalement des destructions illégales d'ouvrages hydrauliques. La justice doit faire son travail, aidez-nous à la saisir dans tous les cas litigieux. Depuis 12 ans au moins, la mise en oeuvre de la politique française de continuité écologique des cours d'eau (*) est contestée avec virulence dans tous les bassins versants. La raison est claire : le ministère de l'écologie avait choisi de privilégier, sinon d'imposer par harcèlement administratif, puis par chantage financier, la destruction des ouvrages hydrauliques (barrages, chaussées de moulins et d'étangs etc...). Or, cette doctrine n'était pas prévue dans le code de l'environnement, encore moins exigée par Bruxelles dans la DCE 2000. A telle enseigne que les parlementaires ont dû insister sur ce point en précisant en 2021 que les ouvrages qui doivent être "gérés, entretenus équipés" (art L.214-17 CE) et non "détruits" . Une destruction désormais illégale, qualifiée pudiquement "d'effacement", comme on efface une faute. Ces ouvrages ne constituent pas "des fautes". Ils ont contribué depuis des siècles à la survie des populations puis à l'essor industriel de la France au 19ème siècle. Leur destruction dogmatique, au mépris de l'intérêt général, ampute le patrimoine historique et culturel, néglige l'agrément paysager, va à l'encontre d'une production d'énergie bas-carbone et fait fi de la gestion quantitative de l'eau.

 

(*) insistons toujours : personne ne s'oppose au principe de la continuité écologique, mais la très grande majorité n'a jamais accepté les modalités d'application du passage en force dogmatique, dérogeant 100% à l'esprit des débats parlementaires. Surtout à l'heure où les services vendent la concertation, la co-construction.
Nous déplorons le grand écart entre les intentions, jamais suivies d'effet, et la pratique administrative.

Formulaire de signalement de destruction d'ouvrage hydraulique

Publié le  par OCE

Destruction d'ouvrages hydrauliques désormais illégale : signalez-nous les projets litigieux
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La meulière, pierre nourricière du « terroir » parisien

15 Octobre 2021

I/ Etymologie et Histoire

La meulière est un matériau connu et exploité depuis un temps immémorial, dès qu’on a recherché la meilleure pierre dure et compacte pour fabriquer des meules à moudre le grain et qu’on a commencé à construire en dur, pour remplacer le bois et le torchis.

Le mot « molaris » (de « mola », la meule) désigne au VIIème siècle la pierre meulière et au XIVème siècle l’italien Boccace évoque dans son « Decameron », traduit deux siècles plus tard en français, «les  pierres de moulliere » dont on fait les meules pour moudre la farine.

Au XVIIème siècle différents écrits mentionnent la pierre de « molière » qui donne son nom à plusieurs communes de France – dont le village Les Molières dans l’Essonne (à une vingtaine de kilomètres de Viroflay) – où cette pierre était extraite. On ne peut, bien sûr, s’empêcher de penser à l’illustre homme de théâtre qui prit ce mot pour pseudonyme, mais Molière est resté muet sur ce choix…

Quoi qu’il en soit, la pierre meulière fait son entrée à l’Académie des Sciences en 1758, avec le naturaliste Jean-Etienne Guettard, une figure oubliée du Siècle des Lumières. Son « Mémoire sur la pierre meulière » contient la première description de l’exploitation de cette pierre.

C’est au XIXème siècle que la renommée de la meulière va s’épanouir dans une reconnaissance totale, à la fois artistique, scientifique et économique.

En effet, en 1835 et 1836, sont produites par la Manufacture royale de Sèvres, trois assiettes en porcelaine représentant « l’exploitation de la meulière à la Ferté-sous-Jouarre ». Elles sont peintes par Jean-Charles Develly (1783-1862) qui se rendit sur place et rapporta des croquis précieux pour la connaissance de cette industrie, jugée digne de figurer dans le « Service des Arts industriels ».

La littérature témoigne aussi de l’existence de la meulière dans le paysage  parisien. Victor Hugo dans « Le Rhin, lettre II du 21 Juillet 1842 » l’évoque  dans les environs  de la Ferté-sous-Jouarre : « A ma gauche, il y avait une carrière de pierres meulières. De grosses meules toutes faites et bien rondes, les unes blanches et neuves, les autres vieilles et noires, gisaient pêle-mêle sur le sol, debout, couchées, en piles, comme les pièces d’un énorme damier bouleversé».

Dans une nouvelle, « Angélique », de son livre Les Filles du feu (1854), Gérard de Nerval, souligne l’aspect curieux de la pierre, dans un village proche d’Epernay : « Toutes les maisons sont bâties en pierres meulières trouées comme des éponges par les vrilles et les limaçons marins ».  

La même année, un ingénieur des Mines, Pierre Armand Dufrénoy, auteur de la première carte géologique de la France, publie un « Rapport sur le gisement des pierres meulières des environs de Paris ».

Tout y est dit sur la nature de cette roche dure, un « quartz fait de silice »  et sur l’importance de l’exploitation, avec la distinction, selon l’emploi et la localisation, de la pierre à meule et de « la pierre des architectes ». 

 La voie était toute tracée pour les géologues à venir qui vont approfondir ces recherches.

II/ Qu’est-ce que la « meulière » ?

Dans son ouvrage « Voyage d’un grain de sable », paru en 2015, l’éminent géologue du Museum d’Histoire Naturelle, Patrick de Wever définit la meulière comme « une roche de couleur beige à rouille, plus ou moins caverneuse, formée entièrement de silice. C’est une roche secondaire, c’est-à-dire qui s’est formée aux dépens d’une formation préexistante. Elle résulte en général de la silicification d’un calcaire lacustre.”

Rappelons très succinctement que, dans le Bassin parisien envahi par la mer à l’ère secondaire, s’est opérée ensuite, pendant des millions d’années, une sédimentation de roches (sable, argile, calcaire), accompagnée d’érosion et de transformations complexes comme celle qui a donné naissance à la meulière. Que les géologues me pardonnent ce raccourci de profane…

Monsieur de Wever souligne ensuite l’intérêt de cette roche : « Elle était utilisée pour les meules car elle ne laisse pas s’échapper de grains à l’usure, à la différence du grès. Elle est un excellent matériau de construction car elle est à la fois extrêmement solide, insensible à l’altération de l’eau de pluie, imperméable et poreuse. Elle constitue de ce fait un isolant phonique et thermique ».

III /Localisation de la meulière

Le rapport Dufénoy, précédemment cité, ainsi que d’autres études locales réalisées par des instituteurs en 1899, ont permis de recenser, village par village, les lieux d’extraction de la meulière en Île-de-France.

Ceux qui produisaient les meules se trouvaient à La Ferté-sous-Jouarre (Seine et Marne), capitale mondiale de cette activité, dans la commune des Molières (Essonne) et dans les environs d’Epernay (Marne).

197 autres carrières sont mentionnées dans l’ancien département de Seine et Oise, dont 148 sont situées dans l’Essonne, réparties sur 63 communes.

A l’exception de plusieurs exploitations en Dordogne, près de Bergerac, la meulière est donc localisée essentiellement au Sud-Sud-est de Paris, ce qui s’explique par l’histoire géologique du Bassin Parisien.

IV /Exploitation de la meulière

L’exploitation a connu son apogée entre la fin du XIXème siècle et l’entre-deux-guerres. Les exploitations les plus importantes pour la pierre de construction étaient celles de la société Piketty à Grigny et Viry-Châtillon.

Les carrières étaient exploitées à ciel ouvert. Les carriers, majoritairement italiens du Piémont, extrayaient la pierre à l’aide de pioches, de pelles et de barres à mine, ce qui n’était pas sans risque…Une enquête de journalistes, datée de 1908, évoquait la vie difficile de ces travailleurs d’un « métier qui tue ».

Grâce à la proximité de la Seine, la pierre était transportée jusqu’au port le plus proche, par voiture tirée par des chevaux ou des bœufs, puis, le progrès aidant,  par  petit chemin de fer à voie étroite réservé à cet usage. La pierre était ensuite chargée par des ouvriers, appelés « bardeurs », souvent italiens eux aussi, qui la déversaient dans des barges remorquées jusqu’à Paris, quai Henri IV. La capitale était en effet le principal débouché de cette industrie.

La pierre pouvait être aussi expédiée en chemin de fer.

Au fur et à mesure de l’industrialisation et de la modernisation, d’autres professions vont se développer aux côtés des carriers : conducteurs de locomotives, forgerons pour réparer certaines pièces, surveillants des puits, constructeurs et réparateurs de barges : toute une main d’œuvre nourrie par la meulière !

V/Utilisation de la meulière

Sa vocation de pierre de construction la fait utiliser depuis des temps reculés pour de modestes maisons rurales, des lavoirs, des puits dont on retrouve beaucoup de traces et qui font le charme des villages.

Sa solidité en fait un matériau privilégié pour la construction d’ouvrages d’art, comme les ponts, les aqueducs (celui de Buc qui date de 1686)  les viaducs (les “Arcades de Viroflay”), des édifices à caractère religieux (Eglise Saint-Eustache à Viroflay). Des tonnes de meulière ont servi aussi pour les grands travaux du Baron Haussmann, pour des conduits d’égouts, pour des prisons (la Santé, Fresnes), pour les voûtes du Métropolitain en 1900, la liste est longue avec de nombreux bâtiments publics comme les mairies, les écoles et les gares.

De la fin du XIXème siècle jusqu’aux années 30, la meulière va être très  recherchée aussi pour la construction de grandes villas bourgeoises signées par des architectes de renom comme Léon Bachelin (1867 1929) connu pour ses maisons à Versailles, au Chesnay et à Viroflay. La meulière y est  associée à d’autres matériaux pour la mettre en valeur : la brique, la céramique insérée sur les façades, le verre et le fer forgé pour les marquises, ces petits auvents au-dessus des entrées,  tout un style va naître, inspiré de l’Art Nouveau.

Pour jointoyer la pierre, les maçons vont exprimer tout leur savoir-faire dans le rocaillage, technique  qui remplit les joints de petits éclats colorés (meulière, coquillage, mâchefer, céramique) scellés dans un crépi de mortier. Tout un art !

Parallèlement à la construction de ces grandes demeures, et suite à différentes lois pour remédier à la crise du logement dans les années 20, un grand nombre de pavillons vont être construits …en meulière, bien sûr !

Après cette explosion pavillonnaire, l’exploitation de la meulière va décliner après la seconde guerre mondiale, à cause des coûts élevés et de la concurrence du parpaing, plus rapide à fabriquer et du développement des constructions en béton armé. L’extraction s’arrête vers 1970.

VI/ Conclusion

La meulière, richesse du sous-sol, a une part essentielle dans l’identité francilienne. Sa double vocation de pierre à moudre et de pierre à bâtir a nourri l’homme pendant des siècles et a nourri aussi sa créativité en développant un savoir-faire unique.

En ce XXIème siècle, tourné vers l’écologie et le naturel, on restaure des moulins, on réemploie des meules de La Ferté-sous-Jouarre, ce qui n’est pas sans plaire à Monsieur Jacques Beauvois, ancien apprenti meulier et collectionneur passionné de meules et outils dont il nous a prêté quelques pièces. Qu’il en soit remercié.

Quant à nous, Parisiens, donnons longue vie à la meulière, cette pierre nourricière, pur produit de notre « terroir » !

Article écrit par l’association Sauvegarde Viroflay Patrimoine

sur http://www.patrimoine-environnement.fr/la-meuliere-pierre-nourriciere-du-terroir-parisien/

image patrimoine environnement.

image patrimoine environnement.

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Une Assemblée Générale pas comme les autres …

12 Octobre 2021

 

«Ce fut un formidable moment passé ensemble. Une AG, de l’avis de tous, informative, riche d’échanges et de rencontres positives et accompagnantes

L’action  politique vue en temps réel dans ce qu’elle a de noble au service du bien commun, en une période complexe de transition sociétale et environnementale! 

Quel chef d’orchestre, André! Et combien l’amitié et les compétences fédérantes que tu diffuses, nous sont précieuses!   Prend bien soin de toi! 

Organisation impeccable, repas convivial, merci Pimprenelle, Patricia & Co.

(Mention spéciale à l’excellent PowerPoint en toile de fond, lequel illustrait  bien les propos). Amitiés, Viviane.

Viviane Sève

C’est par ces mots extraits d’un nombre important de messages reçus de nos amis que nous souhaitions commencer ce billet.

(Merci Viviane, ta plume n’a d’égale que l’amitié que tu nous portes, amitié réciproque sois en sûre. André.)

Le 9 octobre, l’association les Amis Des Moulins 61 tenait son AG ; celle-ci ayant été décalée, car nous avions coutume de réunir tous nos adhérents dans le courant du mois de mai.

C’est dans la magnifique salle des fêtes de l’hôtel de ville de Longny-au-Perche que nous a accueillis le maire Délégué. vice-Président du Conseil départemental, Jean-Vincent du Lac représentant également Mr de Balorre, Président du CD de l’Orne.

A l’entrée, mesure sanitaire oblige, c’est notre secrétaire David Bellessort qui contrôlait les « pass », notre trésorière Monique Breteaux enregistrait les visiteurs et Patricia Covezzi, (nouvellement élue lors de cette AG membre associé du CA)  contrôlait les repas réservés.

Pimprenelle faisait office d’hôtesse d’accueil « Café chouquettes »….

A 9h30, le Président André Quiblier a ouvert l’AG en présence de nombreux participants, d’autres adhérents avaient choisi de nous envoyer leur pouvoir.  Une grande majorité des adhérents, (nous avons dépassé le nombre de 100, au jour de l’AG,  cette année) était représenté.

Après avoir lu le rapport moral et le bilan financier,  qui ont été votés à la majorité absolue,  le Président a présenté les perspectives 2021 déjà bien entamées,  compte-tenu de la date tardive de l’AG.

Bien sûr,  nous avons  évoqué les injonctions et contraintes de l’Administration pour les propriétaires inscrits sur la liste prioritaire, entre autre. Nous avons relevé une totale incompréhension quant à  la situation  de ceux qui, après avoir fait l’effort de se mettre en conformité de la continuité écologique, avec quelques travaux, se sont vus,  à nouveau, contraints par les services publics ; situation totalement ubuesque !

Cette AG a démontré,  une fois de plus, le refus des services publics de rechercher une solution équitable avec les propriétaires ; situation dommageable  s’il en est ! Force est, par contre, de constater que le dialogue existe,  dans certains départements voisins. 

Nous reviendrons sur ce sujet lors du règlement de nos dossiers en cours.

Pour revenir à notre AG, le Président de la FFAM, Pierre Meyneng s’est  longuement exprimé,  commentant les dernières avancées sur l’amendement  de l’article 49, par lequel, la loi modifie l'article L 214-17 du code de l'environnement lors du vote de la loi Climat et résilience ainsi que les décisions récentes du Conseil d’état en faveur des moulins et riverains.

Souvenez-vous,  sur ce même Blog,  nous avions osé une métaphore  reprenant la fable de Jean de la fontaine «  le pot de terre contre le pot de fer « et bien dans un esprit visionnaire sans doute , c’est ce qui s’est produit à l’Assemblée Nationale et au Sénat,   des centaines de parlementaires, (les pots de terre) toutes tendances confondues qui ont fait front contre l’idéologie du Ministère de l’écologie (le pot de fer) qui en est,  aujourd’hui, sorti passablement « cabossé ».

« Les Pots de terre ont bloqué les mâchoires implacables du pot de Fer ! »

Peut-être que, dans l’avenir, les services publics tiendront-ils compte,  plus sérieusement,  des prédictions de nos associations et de leurs blogs...

Plusieurs  Présidents des départements voisins avaient accepté de venir faire le point dans leurs départements en évoquant la situation sur leurs territoires.

Patrick Coiffé pour l’ASMR 72 la Sarthe, Jean Pierre Vallée ADM 28 Eure et Loire, Paul Henry de Vuitton les moulins de la Mayenne, Jean Blanchet AADM 50 la Manche, Pascal Hermon Basse Normandie et 35 et Mr Pierre Meyneng le Président de la Fédération des associations de sauvegarde des moulins. Tous sont venus par amitié pour le président André QUIBLIER et l’ADM 61 qu’il représente mais aussi pour remercier,  de vive voix, nos parlementaires Ornais eux aussi invités.

Ce qui fut fait dès l’arrivée de notre député et de notre Sénateur.

« Madame le député, Monsieur le Sénateur, aujourd’hui nous avons une surprise pour vous… a déclaré le président de l’ADM 61, nos collègues des départements voisins ainsi que Mr le président de la Fédération de sauvegarde de moulins (FFAM) ont fait le déplacement pour venir vous remercier, sur vos terres, du soutien que vous avez témoigné sous les hémicycles à l’adresse de nos moulins français lors des votes de l’amendement  de article 49, par lequel, la loi modifie l'article L 214-17 du code de l'environnement lors du vote de la loi Climat et résilience.

Véronique Louwagie et Vincent Segouin ont été surpris et fort émus de cette intervention et ont salué, un à un, nos représentants départementaux.

Pierre Meyneng a pris la parole pour les remercier au titre de notre Fédération la FFAM ;  ce fut une intervention claire et précise qui n’a laissé aucun doute dans l’esprit de nos invités.

Les deux parlementaires ont confirmé leur intérêt pour la protection et la sauvegarde du patrimoine de Pays que sont nos moulins, étangs et rivières de notre beau département ;  tous deux persuadés qu’un dialogue équitable doit être rétabli entre l’état et ses représentants et les associations territoriales départementales représentatives  des Fédérations de sauvegarde des moulins. Ils n’ont d’ailleurs pas manqué d’insister sur ce point !

Ce sera l’intervention de Patrick Coiffé président d l’ASMR 72  qui démontrera que le dialogue dans son département, la Sarthe, a abouti au fait qu’aucun moulin ne soit détruit.

Comme le dit si bien notre amie Viviane Sève « L’action  politique vue en temps réel dans ce qu’elle a de noble au service du bien commun, en une période complexe de transition sociétale et environnementale! »

Paul-Henry de Vuitton Président de la Mayenne prendra également le micro, images à l’appui  pour expliquer le désastre sur la rivière le Vicoin dans son département la Mayenne.

Il s’en est suivi un échange ‘questions- réponses’ entre la salle et nos parlementaires qui furent  grandement apprécié.

Cette réunion a été l’occasion de présenter les nouveaux adhérents présents = particulièrement remarqués

« Le moulin Blanchard » centre de culture propriété de la ville de Nocé qui a pour objectif de recevoir les artistes, le temps d’une création ou d’une exposition, également en saison salle de concert. 

« Le moulin des vaux » à St Pierre du regard où une troupe théâtrale « Les Bernards l'Hermite »  venue de la région parisienne a racheté une usine hydraulique désaffectée pour y créer un théâtre et y entreposer les décors ; la production hydro-électrique dès sa remise en route permettra d’éclairer et de chauffer les bâtiments en énergie verte.

«Le moulin de Radray »  à Loisail, près de Mortagne, racheté récemment  par une propriétaire qui a de grands projets, déjà en cours, de remise en état des bâtiments (à l’ancienne, un travail remarquable) ; son ambition,  remettre en route le moulin, arrêté vers 1950, pour produire et en faire un musée de la meunerie. Un moulin qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Les échanges et conseils avec les « anciens » ont été fructueux.

Le président des Amis du Perche Ornais JF Suzanne nous a fait l’honneur et le plaisir de sa présence, un représentant des maisons paysannes de l’Orne également.

Des techniciens représentants les Sociétés Patrimoine environnement, Thierry Alliet et la  Novéa Mr Quinton,  tous deux spécialistes des mécanismes de moulins et de l’hydro-électricité étaient présents, sur leurs stands conseil, invités par l’association.

Un moment intéressant et convivial comme les aiment les « meuniers »

Après un repas partagé et préparé par le traiteur et le boulanger de Longny, les participants ont pu assister à la projection d’un film intitulé « Patrimoine et hydro-électricité » créé tout particulièrement pour cette occasion  par Alain Breteaux,  notre collègue.

Ce fut une réunion qui restera dans les mémoires,  merci à tous ceux qui ont participé.

Le Rendez-vous a été pris pour notre AG 2022,  au printemps prochain, sur le site des  établissements BOHIN,  notre adhérent ou nous sommes invités, à côté de l’AIGLE ; encore une journée qui s’annonce sous les meilleurs hospices. Au plaisir de vous y retrouver.

Ne manquez pas de lire tout au long de l’année les fables de la fontaine sur notre Blog… on ne sait jamais des fois qu’une autre métaphore se transforme en réalité.

Photos Viviane Sève.
Photos Viviane Sève.
Photos Viviane Sève.
Photos Viviane Sève.
Photos Viviane Sève.
Photos Viviane Sève.

Photos Viviane Sève.

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Lesneven (29260). La destruction du site de l’étang du Pont validé.

1 Octobre 2021

Le département de l'Orne ne fait pas exeption en la pratique de destruction. des espaces naturels...

La photo ressemble plus au moulin du Pont plutôt qu’à l’étang en amont du pont. Ni l'un ni l'autre ne devraient être menacés et aucune disposition légale ne le permet. Il appert que M. René PAUGAM a été désinformé sur les tenants et aboutissants et sur ses obligations légales vis-à-vis du code de l’environnement. Notre suspicion se confirme quand le journaliste invoque le « bon état », l’UE et la DCE. Que « le site revienne à son état naturel » ne signifie jamais rien d’autre qu’une destruction d’ouvrage. Or, celle-ci n’a jamais été exigée par la loi française et déroge même à l'article L.214-17 du code de l’environnement. Inutile d’invoquer Bruxelles et de prétendues implications.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/lesneven-29260/lamenagement-du-site-de-letang-du-po nt-valide-960ffbd4-00ce-47a3-9d5c-3e2cc3200bac Lesneven. L’aménagement du site de l’étang du Pont validé Les élus communautaires ont validé ce projet d’aménagement à Kerlouan, mercredi. Au programme : renaturation de la rivière, restauration de la zone humide, etc..."nd l'asso adm61 ( l'on détruit les milieux naturels pour créer des milieux naturels... va comprendre Charles !)"

*L’aménagement du site de l’étang du Pont, à Kerlouan, a été validé pendant le conseil communautaire, mercredi. | OUEST-FRANCE Ouest-France Publié le 01/10/2021 « La directive Cadre de l’eau vise à assurer le “bon état” de toutes les eaux superficielles, souterraines et côtières de l’Union européenne. Les milieux aquatiques sont concernés par l’application de cette directive. » Après cette introduction, René Paugam, vice-président communautaire, en charge du dossier de l’étang du Pont, à Kerlouan, explique que celui-ci figure parmi les sites prioritaires. « Ce qui nous implique de restaurer la continuité écologique. Autrement dit, que le site revienne à son état naturel.Publié par Observatoire de la Continuité Écologique   ;https://continuite-ecologique.fr/lesneven-29260-la-destruction-du-site-de-letang-du-pont-valide/

Lesneven (29260). La destruction du site de l’étang du Pont validé.
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La rivière en fond de vallée fait perdre l'usage et la valeur des prés.

24 Septembre 2021

C’est par une belle journée d’automne ensoleillée que notre association s’est rendue en lisière de la forêt d’Écouves dans l’Orne ;  un de ces territoires Normands, fabuleux par sa beauté et son environnement naturel.

C’est à la demande de la propriétaire du Haras que nous étions présents sur les prés de cet élevage de chevaux qui ont été, suite à une remise en fond de vallée, entièrement coupés en deux et,  en partie,  inexploitables.

En effet,  cette pâture où les équidés avaient l’habitude de passer d’un pré à l’autre devront désormais se mouiller les pieds et devoir contourner les clôtures pour traverser un gué qui n’existait pas auparavant.

Cette incroyable aventure peut arriver à tous les propriétaires qui vivent près d’un moulin. En effet,  un ouvrage hydraulique en bordure de ce pré avait été ciblé dans le cadre de  « la restauration de la continuité écologique».

Un seuil probablement attaché au moulin en aval de ce pré, moulin qui,  d’après la propriétaire du Haras,  aurait rendu son droit d’eau et donc devait disparaître…

« Le cours d’eau « La Briante est concernée par l’arrêté du 10 juillet 2012 qui classe le cours d’eau en liste 2 du L214- 17 du Code de l’Environnement, des sources à la confluence avec la Sarthe. L’ouvrage ciblé doit donc faire l’objet d’une mise en conformité réglementaire »

Un dossier d’études fut établi à la demande de la Fédération de Pêche de l’Orne et de l’agence de l’eau bassin Loire Bretagne (coût +/- 15000 € d’argent public)  et un dossier  de rétablissement de la continuité écologique fut déposé à la préfecture de l’Orne. » Coût «estimé»  à 58 000€ toujours d’argent public).

Pour ne citer qu’un extrait de l’étude  qui précise ceci !

« Une réflexion sur les aménagements possibles doit être menée à partir des pistes identifiées dans le cadre du SDAGE Loire-Bretagne (disposition 1D3). Les objectifs identifiés en matière de transparence migratoire à long terme conduisent à retenir l’ordre de priorité suivant : 1°) effacement de l’ouvrage, 2°) arasement partiel : ce scénario vise la diminution de la hauteur de chute de l’ouvrage de décharge, 3°) ouverture de barrages (pertuis ouverts …) et transparence par gestion « d’ouvrage (manœuvres d’ouvrages mobiles, arrêts de turbine…). L’absence de vanne au niveau du déversoir de décharge ne permet pas d’envisager ce scénario, 4°) aménagement de dispositif de franchissement ou de rivière de contournement avec obligation d’entretien permanent et de fonctionnement à long terme »

Section 4.2 SCENARII D’AMENAGEMENT du » DOSSIER TECHNIQUE POUR LES TRAVAUX DE RESTAURATION DE LA CONTINUITE ECOLOGIQUE SUR LA BRIANTE AU NIVEAU DU BARRAGE DE L’ERMITAGE (N°ROE : 120760à)

Et bien,  c’est une remise en fond de vallée qui a été retenue …  alors que le fond de vallée n’est qu’à quelques mètres du cours d’eau initial.

Peut-être serait-il bon aussi de rappeler que cette portion de la Briante ne se trouve qu’à moins de 5 Kms de sa source…

Il est désolant de constater,  une fois de plus,  que c’est la solution la plus radicale qui a été retenue ; solution à notre avis la plus coûteuse,  compte-tenu de l’état de l’ouvrage qui n’était nullement infranchissable par les poissons et qui aurait pu être simplement contourné ou échancré.  Il est affligeant  que ce soit un scénario dévastateur qui ait été mis en place. Dévastateur,  oui,  car la ripisylve est à sec aujourd’hui,  la faune et la flore réduite à néant sur les berges de l’ancien lit du cours d’eau, la zone humide également composée de la faune et la flore locale existante en passe de disparaître.

Des monceaux de terre argileuse et les cailloux résultant du percement du nouveau lit de la rivière ont été étalés sur les prairies environnantes réduisant ainsi l’exploitation de l’élevage ; la question,  combien de temps va mettre la ripisylve pour retrouver sa place, 20 ans 30 ans voire plus, même les poissons ne vont pas revenir s’y cacher  de leurs prédateurs, hérons corneilles et rapaces, qui ne manquent pas dans cette partie de la forêt, vont être à la fête pour un bon moment ! Des frayères à ciel ouvert,  inconcevable !

Tout cela devant la détresse des deux femmes (mère et fille) qui gèrent cette exploitation. Elles sont arrivées en octobre 2020 dans la région et ont aussitôt été sollicitées par la Fédération de la pêche pour effectuer « le rétablissement de la continuité écologique ». « Nous avons fait confiance déclarent-elles, nous étions préoccupées,  notre priorité était vraiment notre  emménagement et l’installation  de nos chevaux ;  nous avons accepté devant les frais que l’on nous a dit pouvoir être à notre charge pour la démolition de l’ouvrage qui était sur notre propriété (nous ne savions pas alors qu’il était, en fait,  la  propriété du moulin.)  « NDA et de ce fait à charge du propriétaire de moulin » « nous avons signé et nous le regrettons vraiment».

Encore une fois,  riverains et propriétaires de moulins et d’étangs, ne signez rien avant d’avoir consulté une association adéquate  de votre département, il serait d’ailleurs intéressant que cette solution vous soit proposée par les services publics …

Nous sommes là pour vous conseiller et protéger vos sites. Nous notons,  une fois de plus,  que l’administration n’a toujours pas mis en place, malgré nos demandes répétées, au sein du MISEN  de l’Orne, (Mission Interservices de l'Eau et de la Nature), les associations qui seraient en charge de rappeler les droits des usagers de l’eau, seuls sont, malheureusement,  autour de la table un groupe composite qui prône le monologue.

Pas de concertation pas de solution…

              Et rappelez-vous la conclusion de cette fable de Jean de la Fontaine.

                           Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute !

 

 

Photo 1 le nvx lit de la Briante, 2 La Briante à sec...la ripisylve... 4 et 5 le fond de vallée en morceaux d'argile...
Photo 1 le nvx lit de la Briante, 2 La Briante à sec...la ripisylve... 4 et 5 le fond de vallée en morceaux d'argile...Photo 1 le nvx lit de la Briante, 2 La Briante à sec...la ripisylve... 4 et 5 le fond de vallée en morceaux d'argile...
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ALERTE ! C'est un véritable massacre qui se déroule en ce moment sur le territoire de la Communauté Urbaine d'Alençon

21 Septembre 2021

ALERTE ! C'est un véritable massacre qui se déroule en ce moment sur le territoire de la Communauté Urbaine d'Alençon (président M. Joaquim Pueyo) avec le détournement de la rivière Briante, sur un cours artificiel et arbitraire, au prétexte d'une restauration écologique.
Le cours de la Briante en place depuis au moins deux siècles, ses arbres, ses animaux, son substrat... ont été détruits.
Est-ce une politique de tabula rasa ou une énième erreur qui détruit le patrimoine ? L'indulgence citoyenne n'est plus permise. Ouest-France Alençon êtes vous informé de cette catastrophe ?
Et voilà ce qui arrive lorsque un moulin a perdu son droit d'eau...
"les moulins morflent, les riverains trinquent"
N'hésitez pas à partager et à saisir nos élus. Cela ne peut pas durer. C'est de l'argent public.
La situation : à gauche le cours ancien et à droite le nouveau cours qui double l’ancien en détruisant le milieu humide et qui dérive l’eau de la rivière. La Briante telle que nous la connaissons est condamnée par ce canal.
 
 
 
André Quiblier
 
Photos : Nicolas Blanchard.
Photos : Nicolas Blanchard.Photos : Nicolas Blanchard.
Photos : Nicolas Blanchard.Photos : Nicolas Blanchard.

Photos : Nicolas Blanchard.

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Les petits ouvrages hydrauliques n'entravent pas la continuité sédimentaire

18 Septembre 2021

Les seuils, déversoirs, chaussées et autres petits ouvrages de rivières affectent-ils le transport des sédiments? Pas vraiment, répond une nouvelle étude de chercheurs européens ayant mesuré le transport réel des matériaux grossiers du lit de la rivière au-dessus d'un ouvrage à différents débits. Ce travail confirme d'autres analyses qui invalident l'idée d'une discontinuité sédimentaire notable liée aux petits barrages. Les scientifiques confirment ainsi ce que disaient les riverains de longue date : les sédiments de toute taille se retrouvent à l'amont comme à l'aval des ouvrages de moulins, étangs et autres sites modestes, les crues les plus importantes donnant lieu à des déplacements de matériaux grossiers au-dessus des crêtes, ou par voie latérale parfois. Dommage qu'en la matière, la France et l'Europe prennent des règlementations avant, et non après, le travail complet des scientifiques...

 

Casserly M. Colm et ses collègues ont étudié un déversoir situé sur une section de la rivière Boro, un cours d'eau de troisième ordre de Strahler à lit grossier, affluent de la rivière Slaney, dans le sud-est de l'Irlande. S'élevant au pied de la montagne Blackstairs dans le comté de Wexford, le Boro draine une superficie de 8,2 km2 au niveau du déversoir d'étude. L'ouvrage a une hauteur de 1,3 m, cf photo ci-dessus.
 
Lire le résumé de travaux exposant la méthodologie et les principales conclusions sur :
http://www.hydrauxois.org/
 
Les petits ouvrages hydrauliques n'entravent pas la continuité sédimentaire
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Pays de Gex : l’environnement au secours des actions en justice

17 Septembre 2021

Est-il possible de freiner un projet de construction au nom de ses impacts écologiques ? C’est la délicate tâche que reçoit la Fédération Patrimoine-Environnement, saisie au côté de plusieurs autres associations environnementales dont France Nature Environnement et Pro Natura, pour tenter de contrer l’avènement d’un projet de vaste centre commercial au cœur du Pays de Gex.

Les enjeux sont les suivants : dans ce pays en plaine, situé entre la chaîne du Haut-Jura et Genève, la pression immobilière est telle que les différentes communes qui le composent voient se multiplier des projets de constructions de toute nature, le rêve de chaque édile étant faire du maillage urbain actuel une véritable conurbation franco-genevoise.

Problème : la région est particulièrement fragile sur le plan écologique, du fait principalement d’un système hydrologique très sensible et d’une richesse faunistique dans les secteurs qui ne sont pas (encore) urbanisés.

Au prix d’une étude d’impact plus que douteuse sur ces deux aspects, un groupe de notoriété nationale ambitionne depuis plusieurs années de construire un vaste centre commercial sur un terrain qui, malheureusement, cumule ces deux ensembles de risques : d’une part, la nappe phréatique y est très affleurante et, d’autre part, plusieurs espèces protégées se nourrissent sur le site. En somme, le projet laisse fortement suspecter un risque d’assèchement de l’Allondon, cours d’eau extrêmement protégé côté suisse, et laisse tout aussi craindre un risque de mortalité ou d’effarouchement d’espèces protégées classées sur listes rouges nationales et internationales.

Plusieurs voix se sont élevées contre ce projet, y compris l’État de Genève, mais le permis a malgré tout été délivré, sourde oreille faite. Un collectif franco-suisse d’associations s’est donc constitué, représenté par Maître Théodore Catry, pour exercer les recours adéquats.


Le défi juridique est désormais double.

D’un côté, le permis a déjà été contesté mais uniquement sur le volet commercial. De l’autre, il s’agit de démontrer les impacts réellement prévisibles sur le projet, ce qui demande un niveau d’expertise au moins égal à celui des auteurs de l’étude environnementale réalisée pour le compte du promoteur.
À l’heure actuelle, les actions sont menées sur deux plans :

  • L’envoi de demandes à la préfecture visant à mettre en demeure le porteur du projet de régulariser son dossier en déposant une demande d’autorisation au titre de la Loi sur l’Eau et une demande de dérogation Espèces Protégées. Ce dernier aspect fait déjà l’objet d’un contentieux sur saisine de France Nature Environnement Ain. Quant au volet hydrogéologique, aucune réponse n’a été apportée : ce sera donc au tribunal de se prononcer.
  • La sollicitation d’une mesure d’expertise judiciaire. Depuis l’affaire dite « du Siècle » et la consécration du préjudice écologique, il est devenu théoriquement possible de solliciter l’indemnisation en nature des dommages causés à l’environnement aux personnes publiques et privées responsables. Les études d’impact du promoteur et du collectif d’associations étant toutefois contradictoires, il a été décidé de s’en remettre à la justice pour confier la question aux soins d’un expert judiciaire. Cette démarche, novatrice, connaît peu de précédents. Gageons que le juge soit en mesure de reconnaître que la problématique est suffisamment sérieuse pour mériter d’être expertisée …

Maitre Théodore Catry, avocat en droit public dans la protection des paysages, du patrimoine et de l’environnement.

Publié par http://www.patrimoine-environnement. ; 16/09/2021 | Filed under: Actualités, Droit et patrimoine, Paysages et urbanisme and tagged with: , , , 

Photo patrimoine-environnement.

Photo patrimoine-environnement.

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