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1er Décembre Les Meuniers et les ouvriers des forges hydrauliques fêtent La St Eloi.

30 Novembre 2020

"Si à la Saint Eloi tu brûles ton bois, tu auras froid pendant trois mois."

Saint Eloi** était fêté à deux reprises dans l'année, une première fois le 25 juin sous le nom de Saint Eloi d'été, et une seconde fois le 1er décembre sous le nom de Saint Eloi d'hiver. 

*Gallo-romain originaire de Chaptelat dans le Limousin, "le bon saint Eloi" appartenait à une famille de paysans aisés qui travaillaient eux-mêmes leur domaine, à la différence de tant de grands propriétaires qui les faisaient cultiver par de nombreux esclaves.

 Il laissa à l'un de ses frères le soin du domaine et entra comme apprenti orfèvre dans un atelier où l'on frappait la monnaie royale selon les méthodes romaines anciennes. Il gardait une partie des revenus venant de sa famille et  les employa au service de la charité des pauvres et des esclaves. Il était aussi habile à travailler les émaux que dans les ciselures d'or fin. Ces qualités professionnelles allaient de pair avec une scrupuleuse honnêteté. Lorsqu'on lui demanda d'exécuter un trône d'or pour le roi Clotaire II (613-629), il en fit un deuxième avec l'or en surplus qu'il ne voulait pas garder pour lui-même. Cet acte, étonnant pour l'époque, lui valut la confiance du roi qui lui demandât de résider à Paris, comme orfèvre royal, fonctionnaire de la Trésorerie royale et conseiller à la cour.

Nous notons que, dans le Perche, St Eloi était fêté à deux dates,  le 1er Décembre étant la Fête officielle de ce Saint et en Juin, le 25, date qui coïncidait avec l’arrêt des forges dont il était le Saint Patron.

 

La grande fête des Forges  se situait  à la Saint Eloi d’été qui tombait après la Saint Jean  (fin Juin),  
cette date correspondait à l’arrêt des moulins ; en effet, l’étiage faisant,  il n’y avait plus assez d’eau dans la rivière
pour faire tourner les Roues et les forges s’arrêtaient.

Les ouvriers allaient alors se louer dans les fermes des environs pour les travaux des champs, les charbonniers en profitaient
pour refaire les stocks de charbon de bois et les mineurs les stocks de minerai, (à la reprise du fourneau à Rainville,  
en Octobre, il y avait six mois de provision).

Il est de fait que la Fête de la St Eloi était la Grande fête des forges. La veille, les apprentis et  servantes nettoyaient la place de fond en comble. Dès le lendemain, tous et toutes lavés et apprêtés, partaient de chaque moulin en procession 
 pour se retrouver sur la place de Longny ; là, les attendait le porteur du Bâton de St Eloi, sur le parvis de l’église,
tenant, dans l’autre main, une torche ; ils y entendaient messe et s’en retournaient au moulin et à la forge pour ‘donner
à boire aux roues des moulins’, un gâteau, offert  par les ouvriers,  était ‘frappé par le marteau’, comme souvent
dans notre région s’en suivait un grand festin.

 

         
   

Le repas terminé, il était d’usage que le porteur du bâton de Saint Eloi remette la statue
du Saint à son nouveau détenteur et ce,  pour une année,  les participants suivaient alors
ce dernier, en procession  jusqu’à sa demeure où il se devait d’offrir ‘un coup de cidre’.
Déjà à cette époque « l’on marquait le passage ».

   

* Extrat du site : http://www.lemoulinderainville.com/vie-sociale.html

C’est une journée particulière où la hiérarchie s'efface, une journée qui renforce les liens de cohésion entre les différentes spécialités. Cette cohésion qui est le ciment des valeurs indispensables dans l’exercice du métier.

Aujourd’hui, la tradition perdure à l’occasion des journées du patrimoine de pays et des moulins organisées par la fédération Patrimoine environnement le 4° WE de juin. Nos moulins ouvrent leurs portes aux visiteurs dans l’Orne, la Normandie mais également dans tous les départements. C'est notre façon à nous de fêter notre Saint Patron.

 

1er Décembre Les Meuniers et les ouvriers des forges hydrauliques fêtent La St Eloi.
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Après les Chauves-souris, Les loutres. Les moulins de l'Orne protecteurs de la biodiversité et des petits mammifères

29 Novembre 2020

*Les Loutrons* et les chauves-souris

Ce n’est pas une fable de la Fontaine.*

 

Nous le savons mais il nous semble utile de le rappeler  les moulins qui, depuis la nuit des temps bordent nos cours d’eau, favorisent la biodiversité. En effet,  il n’y a que les ignorants qui osent dire  le contraire ;  nos associations ne cessent de le répéter  et le prouvent chaque jour par diverses études que les « soi-disant gestionnaires de l’eau » s’efforcent de contester,  mais voilà… suite aux études mises en avant et publiées sur les réseaux internet (Hydrauxois, OCE entre autres) voilà que les moulins Ornais en apportent la preuve sur le terrain !

Nous avons appris il y a deux ans par voie de presse *(1) qu’un moulin Ornais abritait une des plus importantes colonies de chauve-souris de Normandie ; ces demoiselles de la nuit en comparaison avec les demoiselles du jour (les hirondelles) viennent chaque Printemps lorsque la nature généreuse fait renaître les multitudes d’insectes qui vivent au bord de l’eau, elles viennent disons-nous s’installer dans le grenier des dépendances du moulin. Le cycle  est particulier et calqué sur le cycle des ongulés sauvages ; les Chiroptères  s’accouplent en automne et bloquent leur gestation jusqu’au printemps qui nourrira abondamment les bébés chauve-souris. Elles arrivent donc au moulin en avril, s’installent et mettent bas en Mai et Juin, ce terme est une métaphore car, en fait, elles restent accrochées sur les poutres ancestrales et donne ainsi naissance au jeune chauve-souris, il restera ainsi accroché au ventre de sa mère jusqu'à son envol ; gare aux chutes car un jeune qui tombe ne pourra pas « redécoller » … Dans ce moulin transformé en  (maternité), seuls deux à trois jeunes par an ne survivent pas sur une colonie de plusieurs centaines d’individus, une faible taux de mortalité donc !  Les milieux aquatiques des biefs et les zones humides environnantes constituent  un excellent terrain de chasse pour les mamans et leurs jeunes rejetons. Ce phénomène est observé   depuis plusieurs années dans  ce moulin.

 Mais,  cette année, surprise,  c’est la naissance de deux Loutrons ( bébés de la loutre) qu’une caméra, prêtée aux propriétaires,  a permis de filmer ;  alors la présence de  jeunes loutrons, sur la rivière orne, dans le nord Ouest du département, est déjà une première à notre connaissance mais,  le comble pour nos meuniers,  c’est qu’ils vivent sur le bief d’un moulin. Et oui, voilà une preuve de plus, s’il en fallait, que les biefs des ouvrages hydrauliques sont de véritables réservoirs pour la protection de la faune et de la flore ; il faut donc que cesse immédiatement la casse des ouvrages hydrauliques et que ceux-ci soient protégés. Seuls les ignorants peuvent,  malgré toutes ces manifestations de la nature, continuer à demander la destruction des seuils.  Où sont les véritables «écolos » derrière leurs bureaux ou les pieds dans les bottes aux bords du bief ? La loutre d’Europe est devenue symbole de la qualité de l’eau des rivières il est donc très rassurant de les rencontrer. Aux dernières nouvelles, une loutre a été aperçue sur la rivière Sarthe à hauteur de St Agnan sur Sarthe 61.

Le ministère de l’écologie et les Ministres qui se  succèdent sont particulièrement surprenants puisque l’on peut lire dans un document intitulé *(2)« Plan national d’action en faveur des chiroptères 2016-2025  « Les pressions telles que la disparition des gîtes, la fragmentation du paysage par les infrastructures de transport ou les éoliennes, la disparition des haies qui leur servent de corridors de déplacement, la disparition ou la dégradation de leurs terrains de chasse persistent et,  d’un autre côté,  les mêmes ministres et leurs services inféodés prônent la destruction de nos biefs qui sont les réservoirs biologiques permettant à ces espèces de se développer. Nous touchons donc du doigt  l’absurdité des décrets qui s’empilent les uns aux autres les rendant, de ce fait, inapplicables,  décrets dictés par les lobbies et leurs amis !

Nous ne vous avons pas parlé dans ce billet des écrevisses à pieds blancs qui sont en voie de disparition mais cette simple anecdote vous éclairera sur le fait que les Meuniers n’en parlent pas, nous avons posé la question à un propriétaire  ‘pourquoi ne signalisez-vous pas la présence de ces précieux survivants de nos rivières’? Réponse de notre ami, si je dis qu’il y a des écrevisses à pattes blanches dans mon bief, ils vont venir les braconner… », et lui continue à les protéger.

Et bien,  chers amis, nous pensons  que cette question est à poser à l’opinion public, doit-on continuer à dépenser des Milliards d’euros, particulièrement en cette période difficile,  pour satisfaire un Dogme qui vous ment depuis des années ? Nous vous laissons le soin de réfléchir et de donner votre réponse.

N.b les deux propriétaires ont signés une convention l’un avec Havre de Paix sur le bassin de l'Orne l’autre avec le Groupe Mammalogique Normand afin d’affirmer la détermination à la protection de la faune et de la flore.

 

(1) https://actu.fr/normandie/longny-les-villages_61230/longny-perche-abrite-900-chauves-souris-chez-lui_26401592.html

(2)https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Chiropteres_2016-2025.pdf

 

André QUIBLIER

Association les amis des moulins 61Mail :ADM.61@orange.fr

                                      Blog :http://lesamisdesmoulins61.over-blog.com/

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Les fédérations de moulins et riverains expliquent les conditions déplorables de concertation avec les hauts fonctionnaires eau et biodiversité

12 Novembre 2020

Suite des aventures du soviet suprême "comité national de l'eau". Il ressort de la lettre co-signée par les deux fédérations de moulins (FFAM, FDMF) et la fédération de riverains (ARF) que la haute administration avait convoqué une réunion en 48 h sur la base d'un document sorti du chapeau à valider en un temps record. La vision de la concertation par la direction de l'eau et de la biodiversité consiste désormais à transmettre ses ordres aux propriétaires par le biais des associations. La gouvernance jacobine et autoritaire de ce pays est décidément incurable, malgré son rejet partout, surtout en écologie où les citoyens protègent leur cadre de vie contre les projets inutiles décidés fort loin du terrain. La lettre des 3 fédérations rappelle que la première étape de la priorisation a été faite sans base scientifique transparente ni proposition aux associations de débattre des opportunités de classer chaque rivière ou chaque ouvrage. Bref, rien ne change, demain les préfectures et syndicats feront encore des pressions pour casser les ouvrages comme ils le font depuis 2010, le soviet suprême de l'eau se plaindra encore que les mêmes causes produisent les mêmes effets. C'est pourtant très simple de tout débloquer et tout apaiser: il suffit de proposer et financer publiquement les seules solutions conformes à la loi, celles qui respectent les ouvrages autorisés des bassins versants, leur consistance légale, leurs usages et leurs milieu.

lire sur http://www.hydrauxois.org/2020/11/les-federations-de-moulins-et-riverains.html?fbclid=IwAR17bVZDFBb47-eDrtm06cKqrYd6o6o_98Gy0h_4KKTGzuqYabAU7gAHf2E

Cliché, Dorine Photo

Cliché, Dorine Photo

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Comité national de l’eau : Mgr Miqueu(1) veut être conclusif.

7 Novembre 2020

D’autant plus conclusif, c’est son maître mot, qu’il va lâcher les rênes selon ses dires(2). Ne rien écouter des usagerss’écouter parler puis s'auto convaincre que la volonté de la politique apaisée de restauration de la continuité écologique serait largement partagée. 

En réalité, cette mise en œuvre est infligée par 4 ou 5 personnes en France. Dans sa vision jacobine, c’est en effet suffisant pour prétendre qu’il y ait unanimité puissance 4 ou 5.

Le concret, il ne le connaît pas.

Il n’y a pas une semaine sans que des témoignages de propriétaires n’affluent. Ce canal privé ignoré des services administratifs leur permet de prétendre, comme à Moscou, que « 90 % des dossiers se passent bien ».
Nous avons pourtant eu écho de 90% de dossiers très douloureux voire calamiteux.

Cette semaine par exemple :

• L’un avec un PV de l’OFB et une audition en gendarmerie pour un seuil érodé de toute petite chute avec menaces pénales et financières au motif qu’il ne serait pas franchissable à la truite fario.

• L’autre de la DDT, transformée en agent C° de l’agence de l’eau, informant par des multiples courriers que pour détruire les ouvrages, la subvention est de 100% au titre du plan de relance Covid.
Tous les moyens sont bons : le virus est même valorisé par les casseurs d’ouvrages, illustrant le vrai visage de la « mise en œuvre apaisée ».

• Enfin, un ouvrage fondé en titre qui devrait être -à en croire le courrier comminatoire- "régularisé" car il ne serait pas "autorisé".

Conclusion

Les usagers de l’eau en ont soupé de cet autisme administratif de gens qui bombent le torse en s’autorisant tout et le pire, pour servir leurs propres ambitions au mépris de l’intérêt général, alors qu’aucun propriétaire d’ouvrage ne conteste la loi. Curieux, non ?

Claude MIQUEU commence à comprendre, avec ses "certitudes", qu’il nous a fait perdre 3 ans en enflammant un contexte déjà tendu.
Le seul recours citoyen est d’en référer aux parlementaires et d’en appeler aux juges plutôt que de supporter plus avant la doctrine administrative.

 (1)  Mgr Miqueu, qualificatif emprunté à Marc Laimé.(2)  Vidéos de l’AG de FHE 2020 à Pau

Publié par OCE le 6 Novembre 2020

illustration:  studio de design Panasonic

 studio de design Panasonic

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La construction d’un paysage rural

2 Novembre 2020

Publié par @JPPMpatrimoine 

Le moulin à eau est une invention qui remonte à la lointaine Antiquité mais sa diffusion est médiévale. En Normandie, dans l’Orne particulièrement, la densité des moulins à eau depuis le Moyen Âge jusqu’au milieu du XIXe siècle n’est plus à démontrer : elle fut considérable. Au début de l’ère industrielle, cette région possédait, sur ses multiples cours d’eau, de très nombreux moulins qui ont autant façonné le paysage que les églises les Manoirs et les châteaux. Élément paysager incontournable mais aussi moteur économique essentiel, le moulin à eau a profondément marqué la société rurale normande car, dès le Moyen Âge, il a jeté les bases d’une proto-industrie. On relève en Normandie de manière précoce des formes particulièrement

Le moulin et ses usages

En général, dans les autres parties de la Neustrie, les moulins servaient à moudre le grain (farinarii) et ceci plus particulièrement dans les régions proche de la Beauce. 

Dans le Perche et ce avant 820, dans la haute vallée de l’Huisne et sur un de ses affluents, se trouve établie une série de six moulins à eau (1) ; d’après le polyptyque d’Irminon « Ces machines sont déjà installées depuis longtemps. » Toujours d’après Irminon qui les qualifie de « vétustes » à cette époque ce dernier a rajouté un septième moulin plus performant; il n’est nul doute que le contexte économique ressort également par plusieurs traits caractéristiques. (2)

Aujourd’hui,  il reste encore près de 600 moulins dans le département de l’Orne et il est probable qu’ils étaient plus du double au XVIIIe siècle.
De nouvelles inventions

De l’eau, des bois de hautes futaies, il n’en fallait pas plus au génie humain pour créer des moulins hydrauliques qui ont parsemé notre région. La noblesse ayant compris très tôt l’avantage pécuniaire que représentaient ces petites usines hydrauliques utilisât comme architectes le clergé dont les moines maîtrisaient parfaitement l’art et l’architecture monologique. Dès les prémices de l’installation de ces bâtisses, le bois fut un des éléments principal ; ce matériau plus souple que la pierre amortissait les vibrations de la roue hydraulique comme pour les moulins à vent.

Les Charpentiers : particularités et technicité

La noblesse mis alors à la disposition des charpentiers les arbres de leurs domaines, bois que consommaient en abondance les moulins tant pour leur construction que pour leurs fréquentes réfections. Les charpentiers de moulin avaient besoin, en particulier, de grandes quantités d’arbres de hautes futaies et de taillis ainsi que d’arbres émondés (Bernard 2009). Chêne, hêtre mais aussi pommier entraient dans la confection des roues et des engrenages ; il faut savoir que l’arbre du marteau de la forge de Beaumont à Longny-au-Perche mesurait huit mètres de long, composé par un chêne d’un seul tenant.

La brève allusion du Coutumier des forêts sur la présence d’artisans spécialisés dans la réparation de moulins au Moyen Âge préfigure comme un métier d’une grande importance dans nos campagnes et ce jusqu’au milieu du XXe siècle : la dénomination de Charpentier de moulin prouve qu’au fil des siècles, ce métier ait acquis ses lettres de noblesse et ait été pleinement reconnu avec toutes ses particularités et sa technicité, comme le suggère la publication aux XVIIIe et XIXe siècles de traités et manuels de constructeur de moulin (3). 

Il est évident que comme chaque navire embarquait un charpentier de Marine, les moulins avaient un charpentier attitré à leur usage.

Cependant c’est dans l’ouvrage «  Manuel du meunier et du charpentier de moulins, ou, Abrégé classique du traité de la mouture par économie: » rédigé en  1775 sur les mémoires du sieur César Buquet que nous pouvons lire ces quelques lignes :

« Il faut ſeulement obſerver que ce Manuel ayant été compoſé ſur les Mémoires du ſieur Céſar Buquet, ancien Meûnier de l’Hôpital Général de Paris, on n’a point entendu faire un Traité de charpente de moulins. Le ſieur Buquet, qui eſt habile Meûnier , ne ſe flatte pas d’être Charpentier, & on s’eſt contenté d’enſeigner ce que la pratique lui a appris de plus certain, ſur le méchaniſme & la conſtruction des pieces principales d’un moulin. On invite les Meûniers intelligents à nous faire paſſer leurs obſervations ſur les regles de l’Art du Charpentier de moulin , preſque totalement inconnu, du moins dans les Provinces ; ce qui fait voir en même temps l’intérêt qu’auqu’on puiſſe aſſurer qu’après la culture, l’Art de moudre les grains ſoit des plus eſſentiels, puiſqu’il peut procurer une épargne conſidérable de la denrée la plus précieuſe, & faciliter le commerce des farines en détail ſi utile au Peuple, hors d’état de s’approviſionner » (4)

(1) Polyptyque de l’Abbaye de Saint Germain des Prés
(2) Contexte  industriel et agricole.
(3) Une histoire d’eau et de bois, Sciences Humaines, Maison de la Recherche, Caen.
(4) Manuel du meunier et du charpentier de moulins, ou, Abrégé classique du traité de la mouture par économie, Mémoires du sieur César Buquet, en 775, pages XIX // XX 
(5) Cote : BNF C 18131

https://www.patrimoinedepays-moulins.org/de-leau-du-bois-et-le-genie-de-lhomme/?fbclid=IwAR1fVY_HpFSrN-2N7AoC3b2lRn6lJqDI6Edl338nXqNHswlOtJHDiK73jxs

André QUIBLIER
Président de l’Association Les Amis des Moulins 61

Protection et sauvegarde des Moulins Ornais
Assistance aux propriétaires d’ouvrages Hydrauliques
Protection des Rivières, Zones Humides,

Flore et Faune aquatique
Siège : Le moulin de Rainville
Adresse : 61290 Longny au Perche
Téléphone : 02 33 83 74 91 
Courriel : adm.61@orange.fr
Newsletter:  http://lesamisdesmoulins61.over-blog.com/

 

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De l’eau, du bois et le génie de l’Homme

2 Novembre 2020

A l’occasion du lancement de la 23e édition des Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins, nous avons posé trois questions à André Quiblier, Président de l’Association les Amis du Moulin 61 (Orne) et organisateur de visites guidées pendant la manifestation. Cet entretien est suivi d’un article évoquant l’évolution historique et technique des moulins hydrauliques dans la région.

par  | Oct 26, 2020 | Normandie

Patrimoine-Environnement : Quelles sont les principales missions de votre association et comment accompagnez-vous les propriétaires de moulins ?

André Quiblier : Notre mission principale est la sauvegarde du patrimoine hydraulique et des moulins ; c’est aussi la protection des rivières et cours d’eau du département, de la faune et flore aquatiques. Car, vivant au quotidien au bord de nos biefs, nous sommes totalement investis dans la sauvegarde de leur bon état écologique.

Nous sommes par le fait également et régulièrement contactés par de futurs propriétaires. Nous les aidons de nos conseils sur les éventuels problèmes qu’ils peuvent rencontrer, retraçant avec eux l’historique du moulin, les problèmes mécaniques et hydrauliques mais aussi leurs droits et devoirs sur le plan juridique ; ce point étant particulièrement important !

P-E : Le patrimoine de pays tend à être de plus en plus considéré. Le ressentez-vous dans vos actions ?

A.Q. : Il est vrai que la presse tant nationale, régionale que locale, au travers de leurs publications, relaie les problèmes que nous rencontrons avec les différents gestionnaires de l’eau regroupés en diverses organisations. Cela nous aide dans la défense de nos moulins et dans  la protection des étangs et zones humides ; cela justifierait que nous nous mettions, aujourd’hui, autour d’une table pour évoquer les dits problèmes malheureusement insolubles du fait d’un monologue permanent que nous opposent nos détracteurs. En effet, n’étant ni conviés, ni acceptés, nous ne pouvons participer aux débats sur l’eau et, par conséquent, aux décisions qui engagent l’avenir de nos ouvrages hydrauliques alors même que nous sommes des acteurs de l’eau à part entière !

Par ailleurs, de plus en plus de moulins ouvrent leurs portes pour les JPPM sur le département de l’Orne. Ce sont des propriétaires qui aiment partager leur passion, l’histoire unique de leur moulin au travers du  fonctionnement des ouvrages hydrauliques et conter la vie des meuniers ;  l’occasion leur en est donnée encore cette année avec les JPPM sur le thème du bois.

Pour mémoire, ce patrimoine fait partie intégrante de l’Histoire de France. Nos moulins et leur « droit d’eau » sont passés de l’Ancien Régime au Nouveau Régime, dans la nuit du 4 août 1789, nuit au cours de laquelle ils ont été adoubés par l’Assemblée nationale révolutionnaire. Le Pays avait besoin d’eux, c’est ainsi qu’ils sont passés de la Féodalité à la République avec la bénédiction de l’assemblée constituante. Les moulins, au même titre que les chapelles, les églises, les manoirs et les châteaux ont leur place dans notre patrimoine ce qui nous engage à les protéger.

P-E : Justement, que représentent les Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins dans vos actions de valorisation de ce patrimoine ?

A.Q. : Les JPPM sont des journées extrêmement importantes ; ce sont des moments de rencontre, de partage ; ce sont des journées festives. Lorsque nous ouvrons nos portes pour les JPPM, nous accueillons des visiteurs curieux des différentes thématiques proposées, l’histoire, la fonctionnalité, la découverte de la faune et la flore, afin que  les passionnés comprennent  l’importance des moulins et de leurs biefs, véritables réserves biologiques.

Ces JPPM, aujourd’hui avec les Petites Cités de Caractère qui rejoignent le comité organisateur, démontre l’importance de ces manifestations. Lors des visites guidées des moulins, nous insistons sur le fait qu’il s’agit d’un patrimoine appartenant, de fait, à leur propriétaire mais qui, en réalité, appartient à l’histoire.

Les JPPM sont des journées de partage !

Pour conclure, notre devise est : « sauvegarder pour transmettre ». Si les moulins et les espaces naturels qui les entourent venaient à disparaître, nous ne pourrions pas transmettre ce merveilleux patrimoine aux générations futures, voilà la mission que nous nous sommes fixée.

De l’eau, du bois et le génie de l’Homme
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