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                                                                       AMIS DES MOULINS 61

BONNE ANNEE 2022

28 Décembre 2021

           L'association les amis des moulins 61, vous souhaite à tous, adhérents et amis,

                                                   une belle et heureuse année.

                                                       Réussite dans vos projets ...

 

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Seuls ceux qui ont la mémoire longue sont capables de penser l’avenir. Friedrich Nietzsche.

26 Décembre 2021

Ou les moulins dans l’histoire.

C’est en parcourant les vieux ouvrages que nous ont laissé les historiens qu’apparait toute l’importance des moulins à travers les âges. 

Souvent,  j’aime à parcourir des textes qui reprennent les actes, donations et autres ou l’on                 «fait chercher» quelque sacs de « troys septiers d'avoyne sur le moulin de Montgayon ou  ung septier de bled, ung septier de saigle et ung septier d'avoyne au Moulin de Radray ,sur la mestairye de Radray  paroisse de Loisail) » et ceci en l’an 1185...

Ces Textes  font revivre Messires, Robert Gruel, Guillaume du Pin, Gaultier de Bresnard et Gervays Chevreul, Payan de Mauregard et ses estangs, Robert des Forges et Rodolphe son fils. Toujours au 12 ° siècle…

Voyez-vous, les récits des moulins de l’époque foisonnent, dans ces vieux textes,  et cités, en plus grand nombre d’ailleurs,  que les manoirs, châteaux ou églises, abbayes, monastères,  cloîtres etc…  ils se retrouvent donc, à jamais, gravés dans l’histoire de nos provinces et de notre pays.

Ce que je viens de citer vous le retrouverez dans l’ouvrage

Bart Des Boulais, Léonard (1566-16..). Auteur du texte. Recueil des antiquitez du Perche, comtes et seigneurs de ladicte province... / pages 143/144 .

Il est bon de noter que viennent s’ajouter aux livres anciens « *les cartulaires » écrits par les moines des différents  abbayes, diocèses ou paroisses ; nombre d’entre eux  sont en latin donc difficiles à traduire mais certains l’ont cependant été par des ecclésiastiques scrupuleux (merci à eux), ce qui nous permet, à ce jour, d’y retrouver moult et moult précieuses  informations sur ce moyen âge.

*Cartulaire : Recueil de copies des actes attestant les titres et privilèges d'une personne ou d'une communauté. Synonyme : chartrier

Ces témoignages d’actes sont importants pour les historiens, même amateurs… (sic)  que nous sommes et les moulins  se devraient d’être d’autant plus considérés pour ce qu’ils sont                                      « UN VERITABLE PATRIMOINE DE PAYS » ; dès lors qu’ils sont avérés par des textes ils se devraient d’être protégés par le patrimoine et le Ministère de la culture (c’est dans ce sens que nous allons, nous, ADM 61, envoyer, début janvier, une nouvelle supplique à Mme la Ministre de la culture pour lui demander sa protection !), même s’il est vrai que les ouvrages hydrauliques ont été remaniés, à travers les siècles,  pour les « moderniser ».

Pour certains de nos détracteurs les moulins ne servent plus à rien il faut donc les détruire !  Alors peut-être faut-il détruire églises, cathédrales, châteaux, manoirs, couvents, cloîtres, statues, enfin tout ce qui constitue nos racines ???…

J’ai pris volontairement l’exemple de ma province d’adoption qui est le Perche mais dans chaque province ou région vous retrouverez trace de ces ouvrages.

Je vous conseille le site de Bibliothèque nationale de France (BNF), si vous ne le pratiquez pas déjà.

https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/content/accueil-fr?mode=desktop

Ce dernier n’est pas toujours facile à consulter mais  il suffit d’un peu de pratique. Autrefois, ce site était plus accessible et plus simple à consulter mais …

De plus en plus,  les archives départementales numérisent leurs documents et les mettent en ligne, ce qui nous permet de préparer les visites dans les salles de lecture. Nous pouvons donc les en remercier.

Peut-être,  en ces temps quelque peu contraignants, sommes-nous plus à même de nous consacrer à ces recherches car, devons-nous le rappeler, il est important de mettre en avant ce patrimoine que sont nos moulins, aujourd’hui, ils doivent sortir de l’oubli !

 « Seuls ceux qui ont la mémoire longue sont capables de penser l’avenir ».

 Friedrich Nietzsche.

Alors mes amis profitez de ce temps que vous laissent les médiocres programmes de la TV...       « oubliez les paroles » et plongez-vous dans l’histoire de vos moulins.

Sur ces mots,  je profite de ce dernier billet de notre Blog pour 2021 et vous souhaite tous mes vœux de bonheur et de réussite pour 2022.

Que vivent nos moulins !

André QUIBLIER

Président de l’ADM 61

ADM.61@orange.fr

 

Seuls ceux qui ont la mémoire longue sont capables de penser l’avenir.  Friedrich Nietzsche.
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Le ministère de l'écologie est-il en train d'organiser sciemment un contournement massif de la loi?

17 Décembre 2021

La loi climat et résilience de l'été 2021 interdit la destruction de l'usage actuel et potentiel des ouvrages hydrauliques, en particulier des moulins à eau. Mais selon nos informations, les services du ministère de l'écologie sont en train d'organiser sciemment un contournement de cette loi par une interprétation totalement fantaisiste de la situation juridique. Leur but : continuer à casser malgré le refus explicite de cette solution par les représentants du peuple français.

 

A en croire des témoignages concordants, les services eau et biodiversité de l'Etat organisent des séminaires où il est expliqué aux agents publics que des projets de destruction de moulin validés par arrêté préfectoral avant la loi Climat et résilience du 22 août 2021 seront menés à leur terme, c'est-à-dire à la disparition de l'ouvrage hydraulique concerné. 
 
Cette position est évidemment fantaisiste au plan du droit. En effet, dans la hiérarchie des normes, les règlements (dont les arrêtés préfectoraux) sont inférieures à la loi et un changement de la loi doit impliquer une adaptation des règlements antérieurs dans le cas où ils sont devenus illégaux. Une récente jurisprudence du conseil d'Etat a renforcé ce principe, permettant au justiciable de demander au juge administratif l'annulation pure et simple des actes antérieurs au cours de la procédure contentieuse. 
 
Par ailleurs, il existe un principe général du droit, qui est même le premier article de notre code civil : la loi entre en vigueur au moment où elle publiée et s'applique immédiatement à toutes les situations où elle est pertinente.
 
La seule exception à ce principe est lorsque la loi a besoin d'un décret d'exécution qui en fixe les modalités techniques. Par exemple, une loi précise qu'il y aura des quantités maximales de prélèvements d'espèces et renvoie à un décret futur précisant ces quantités. En ce cas, la loi n'est opposable qu'avec son décret, car le citoyen ne peut respecter l'une sans l'autre.
 
Mais ici, nous ne sommes pas du tout dans ce cas de figure. L'article 49 de la loi du 22 août 2021 pose un interdit de destruction qui n'a nul besoin d'un décret d'interprétation, puisque la loi est précise et claire dans son esprit comme dans sa lettre. L'intégrité d'un ouvrage ne peut être compromise par une solution de continuité écologique en rivière classée à cette fin et pour le seul motif de ce classement. Le pinaillage sémantique selon lequel un "effacement" ou un "arasement" ne serait pas une destruction ne tiendra jamais devant un juge. La loi demande également de conserver l'usage actuel et potentiel de tous les ouvrages, notamment la production d'énergie. Là encore, nul besoin d'expliquer le fait trivial que la disparition de l'ouvrage implique celle de ses usages, donc contrevient à la loi.
 
Nous appelons les associations à exposer cela aux préfectures et à préparer avec leurs avocats des référés suspension de chantiers dans les cas où les préfectures voudraient ignorer la loi lorsque les travaux en rivières vont reprendre à l'étiage 2022. D'ores et déjà, les associations peuvent rechercher les arrêtés préfectoraux de destruction illégale, pour demander leur annulation. 
 
Nous appelons également les agents publics de l'Etat à nous faire parvenir les éléments matériels démontrant que leur administration est en train d'organiser sciemment ce contournement de la loi. Ces pièces nous permettraient d'engager une plainte en justice contre les instigateurs de ce délit, et contre leur ministre de tutelle. 
Par Hydrauxois 17/12/2021
Le ministère de l'écologie est-il en train d'organiser sciemment un contournement massif de la loi?
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Arrêt de la destruction des moulins. Un film de la FFAM.

15 Décembre 2021

L’exposé technique est clair. Présentation par Pierre MEYNENG, très juste sur l’historique, les cours d’eau sans eau et l’exposé des dérives administratives. L’administration pourrait détruire tous les moulins de France qu’elle n’est évidemment pas capable de garantir, en contrepartie d’un diagnostic dogmatique, l’amélioration immédiate de la qualité des masses d’eau.
Si les espèces piscicoles se sont accommodées des obstacles posés par le castor et l’homme en travers des cours d’eau, elles ont été considérablement modifiées après 1960, puis depuis 1970 au mieux génétiquement très transformées, au pire décimées par les pollutions et annuellement copieusement réempoissonnées par des espèces issues de piscicultures.

L’avis des parlementaires

L’autre intérêt indéniable est d’avoir eu l’idée de mettre en évidence les propos des parlementaires et de leur rendre un hommage légitime  (voir à partir de 24 minutes).

https://www.youtube.com/watch?v=Ag_U2NXVcLY

Et la suite à donner ?

L’étape suivante sera d’exiger la reconstruction des ouvrages détruits par erreur manifeste d’appréciation administrative au visa de la transition énergétique et de nos besoins croissants en eau, c’est-à-dire de l’intérêt général.

Il ne serait pas crédible de tourner cette exigence en dérision. Nous avons le précédent du remembrement où, entre 1970 et 1990, selon les préceptes instruits dans toutes les formations agricoles, vulgarisées sur le terrain et subventionnées, toutes les haies ont été arrachées et toutes les zones humides asséchées par un réseau de fossés trapézoïdaux très profonds, rectilignes.

• L’Etat a payé pour détruire la nature en faisant régresser la biodiversité dans des proportions phénoménales.

• L’Etat paye depuis 20 ans pour reconstituer les haies et les zones humides, à ceci près que la compensation environnementale (avec bâches et manchons pétroliers) pourrait avoir un petit gain écologique dans 20 ans.
En clair : 20 ans pour détruire, 20 ans sans rien faire et enfin comprendre qu'il fallait réagir, 20 ans pour tenter de réparer = la biodiversité a régressé d’un siècle.

Mais la "compensation" n’est qu’un concept de repentance administrative devenu légal, sous le poids d’exigences sociales. Ce qui est perdu en termes environnemental l’est bel et bien. 

Les besoins en eau pourraient stimuler les neurones bien plus vite pour reconstruire des ouvrages hydrauliques (moulins et étangs détruits) que les besoins sociétaux invoqués en termes de biodiversité ne l'ont été pour renaturer la nature.
Si la biodiversité est essentielle, l’eau reste vitale.

Par OCE

Arrêt de la destruction des moulins. Un film de la FFAM.
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D'eau et de feu, comment l'énergie hydraulique industrialisa la France (Benoit 2020)

8 Décembre 2021

Dans un ouvrage dense et érudit, l'historien Serge Benoit montre que l'industrialisation de la France dans la période 1750-1880 fut largement fondée sur l'exploitation de l'énergie mécanique de l'eau et et l'énergie thermique du charbon de bois. Ces énergies renouvelables classiques ont su alors montrer la "modernité de la tradition" issue de la période médiévale. Une réflexion qui nourrit les débats actuels, puisque la fin du fossile conduit chaque territoire à exploiter ses sources naturelles d'énergie. 

Serge Benoit, normalien, maître de conférences à l’université d’Evry à la retraite, a mené pendent 40 ans un travail prodigieux d'érudition permettant de renouveler l’histoire des techniques en France. Son nom connu des spécialistes est sans doute familier à un public un peu plus large chez les amoureux du patrimoine industriel de Bourgogne, où Serge Benoit a accompagné la revalorisation patrimoniale des forges de Buffon et plus généralement de la métallurgie cote-dorienne (Chatillon-sur-Seine, Vanvey, Chenecières, Saint-Colombes, etc.). Hélas, son grand projet d'un musée du fer et de l'eau en Bourgogne n'a pas encore vu le jour.
 
Les textes rassemblés dans ce livre, à l’initiative de Stéphane Blond et Nicolas Hatzfeld, alternent des considérations générales sur les transitions énergétiques dans la phase d'industrialisation de la France et des monographies érudites sur ces transitions en Bourgogne, en Normandie et dans l'Est de la France. Serge Benoit montre qu'à rebours des "fresques simplificatrices" faisant coïncider la modernité avec la houille et la vapeur diffusant depuis l'Angleterre, il exista en France une "modernité de la tradition" observable dans la place que l’hydraulique et le charbon de bois ont conservée jusque vers les années 1880. Ces technologies de l'eau et du combustible végétal, plongeant leur racine dans la période médiévale, ne furent pas des résistances passives au changement, mais ont bel et bien connu des cycles d'amélioration continue dans la période 1750-1880. Soucieux d'inscrire les techniques dans le temps et l'espace, dans l'histoire sociale et environnementale, Serge Benoit montre qu'il était rationnel de développer ces savoir-faire là où les alternatives fossiles n'étaient pas réellement disponibles à coût et usage intéressants. Sinon, comme dans le cas des plus grosses usines hydrauliques, en force d'appoint pour les périodes d'étiage.
Evidemment, les amoureux du patrimoine hydraulique liront avec un plaisir particulier les chapitres faisant la part belle à ce sujet. Un de ces chapitres détaille toutes les ressources que le chercheur (et aussi l'association!) peut mobiliser afin de trouver l'origine et l'histoire des sites hydrauliques. 
 
Serge Benoit rappelle le processus de modernisation des roues, avec les modèles du mathématicien Poncelet (1824-1825) et de l'ingénieur amiénois Sagebien (1859-1850), mais aussi l'essor des turbines hydrauliques, dont la France fut un foyer de conception et d'expansion majeure, suite aux travaux de Burdin, Fourneyron, Girard, Callon, mais aussi un peu plus tard de nombreux constructeurs en échange avec des homologues de l'aire anglo-saxonne ou germanique (Fontaine, Jonval, Koechlin, Laurent et Collot). L'hydraulique eut le soutien très pragmatique de l'Etat à travers le corps des Ponts et Chaussées, là où les Mines poussaient à l'abandon du charbon de bois au profit du charbon de terre. L'hydraulique bénéficia aussi d'un aller-retour permanent entre l'amélioration de la conception par la théorie (notamment la puissante école française de mécanique des fluides, dont Navier est la figure la plus connue) et par l'expérimentation (les progrès incrémentaux dans les usines des fabricants connectés aux usagers). Les progrès concernent aussi les matériaux (le métal remplace le bois), les transmissions, l'organisation des espaces de travail.
 
Au final, "la ruée" vers l'énergie de l'eau fut le véritable moteur de l'industrialisation française dans la première partie du 19e siècle et même un peu au-delà. La connexion avec l'électricité se fit par la suite. Serge Benoit rappelle incidemment que d'autres pays ou régions ont connu ce cas de figure, notamment les Etats-Unis et la Catalogne. Comme tout développement industriel, celui-ci ne fut pas sans conséquence. Certaines passages de l'ouvrage rappelle les conflits d'usage dans des rivières surexploitées par les moulins et nouvelles usines hydrauliques. D'autres analysent l'histoire sociale de ce développement autour des entreprises de métallurgie, de textile, de minoterie.
 
Le travail de Serge Benoit montre que loin d'une révolution énergétique avec le passage rapide d’un système technique renouvelable à un autre fossile, la modernité connut une transition multiforme avec coexistence et complémentarité des différentes sources d’énergie mécanique ou thermique.
 
Les technologies énergétiques ont souvent été popularisées dans l'histoire avec des perspectives enthousiastes et utopiques de la part des acteurs privés ou publics. Le fossile, le nucléaire, l'hydrogène, le solaire ont pu être promus comme des solutions "universelles" qui allaient libérer l'humanité du souci de trouver en quantité et qualité l'énergie nécessaire aux machines qui l'accompagnent et la soulagent dans son travail. La réalité est plus modeste, plus complexe et plus prosaïque. Les sources d'énergie tendent à s'accumuler sans disparaître, tant les humains ont pris l'habitude de déléguer leurs tâches pénibles et répétitives à des machines qui convertissent cette précieuse énergie en services. Les trajectoires technologiques améliorent lentement le rendement jusqu'au moment où les gains sont marginaux, puis les innovations peuvent viser l'optimisation des contextes d'usage ou la réduction des impacts indésirables. 
 
L'énergie hydraulique doit certainement son statut exceptionnel (et la fascination qu'elle exerce) à 2000 ans de perfectionnement et de présence dans les sociétés humaines. Une aventure qui n'est pas achevée, puis la réduction programmée des énergies fossiles impose de déployer à nouveau des énergies renouvelables extraites de l'eau comme du vent, du soleil et de la biomasse.  
 
Référence : Serge Benoit (2020), D’eau et de feu : forges et énergie hydraulique. XVIIIe-XXe siècle. Une histoire singulière de l’industrialisation française, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 450 p. Préface de Denis Woronoff et Gérard Emptoz, postface de Liliane Hilaire-Perez et François Jarrige, Textes réunis par Stéphane Blond, édition coordonnée par Nicolas Hatzfeld.
D'eau et de feu, comment l'énergie hydraulique industrialisa la France (Benoit 2020)
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